La BBC, dans ses nouvelles, rapportait une découverte archéologique récente au Pérou. Encore une fois, il s'agit de sacrifices humains...
Ces rituels se retrouvent dans bien des civilisations péruviennes, au cours des siècles où ces civilisations apparaissent et disparaissent. Cette fois, il s'agit d'un autel sur une petite montagne, au sud de Lima. Au solstice d'été, les gens adoraient cette montagne, une divinité pour eux, en décapitant des humains.
Les dessins décoratifs, sur les céramiques des Mochicas, nous montrent ces sacrifices. Maintenant on a trouvé l'autel des sacrifices, et les ossements des sacrifiés.
Ce qui est troublant, c'est le manque de réflexion sur l'humain. Comment expliquer ce que nous sommes? Car il s'agit de nous (de toi et de moi) quand on lit ces informations qui semblent parler d'étrangers d'autrefois. Il s'agit bien de notre espèce, homo sapiens, et d'une pratique qui n'est pas du tout exclusive à ces populations disparues.
Si vous parcourez les articles qui parlent de sacrifices humains, dans wikipedia et autres sources, vous en aurez pour tous les continents et tous les siècles. Les autres espèces animales ne sacrifient pas. L'espèce animale humaine sacrifie: c'est même central dans notre culture.
Nos croyances se nourrissent de sacrifices. Pourquoi avons-nous des dieux et des déesses qui ont soif de sang, faim de victimes? Pourquoi pensons-nous apaiser les volcans, les sécheresses, et toutes nos peurs, avec des sacrifices sur des autels?
Est-ce nécessaire à l'évolution de notre cerveau, de notre capacité à réfléchir, à imaginer, à créer, d'aboutir à ces rituels? Qu'est-ce que cela nous enseigne sur nous-mêmes?
chaque jour, un court texte et un dessin. vous pouvez envoyer un courriel à l'adresse: hubertbeaudry@videotron.ca ou, cliquer sur commentaire. ce blog expérimente et va se transformer comme toute plante, avec une dose de photosynthèse
jeudi 5 avril 2012
mercredi 4 avril 2012
Intermède: historia
Héraclite disait que tout ce qui arrive, on le traduit sous forme d'histoire. Les humains, on est comme des araignées qui tissent des toiles. On ne sait rien faire d'autre: toujours on tisse une histoire, sur laquelle on habite. Chacun de nous est sa propre histoire. C'est une toile d'araignée, car on est collé à cette histoire, on la quitte difficilement pour une autre histoire, ce serait comme se quitter soi-même.
C'est pire que ça, à bien y penser. Cette toile d'araignée, on permet difficilement à quelqu'un d'autre de la tisser sur un autre modèle que notre modèle de toile d'araignée. Crois ou meurs. Les faiseurs d'histoires différentes, faut brûler ces histoires et obliger les raconteurs à les ravaler.
On croit davantage aux toiles d'araignée dont on ne voit pas les fils qui les accrochent en haut: elles nous viennent du ciel. Les araignées ont la nostalgie des grandes hauteurs, celles du septième ciel.
C'est déjà tout un exercice, celui de se rendre compte que nous faisons une histoire avec toute chose qui arrive. Ainsi pensait Héraclite. Une histoire qui se donne un passé et un futur. Pour bien accrocher la toile d'araignée.
C'est pire que ça, à bien y penser. Cette toile d'araignée, on permet difficilement à quelqu'un d'autre de la tisser sur un autre modèle que notre modèle de toile d'araignée. Crois ou meurs. Les faiseurs d'histoires différentes, faut brûler ces histoires et obliger les raconteurs à les ravaler.
On croit davantage aux toiles d'araignée dont on ne voit pas les fils qui les accrochent en haut: elles nous viennent du ciel. Les araignées ont la nostalgie des grandes hauteurs, celles du septième ciel.
C'est déjà tout un exercice, celui de se rendre compte que nous faisons une histoire avec toute chose qui arrive. Ainsi pensait Héraclite. Une histoire qui se donne un passé et un futur. Pour bien accrocher la toile d'araignée.
mardi 3 avril 2012
Genèse 47. Ce qui n'est pas
" Environ trois mois après, on avertit Juda: "ta belle-fille Tamar, lui dit-on, s'est prostituée, elle est même enceinte par suite de son inconduite". Alors Juda ordonna: " Qu'elle soit amenée dehors et brûlée vive!" Mais comme on l'amenait, elle envoya dire à son beau-père: " C'est l'homme à qui appartient cela que je suis enceinte. Examine donc, dit-elle, à qui sont le sceau, le cordon et cette canne." (Genèse, Bible de Jérusalem)
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" Ouf " dit Dieu.
" C'est seulement partie remise..." ajouta Tubal-Caïn.
Dieu: " Vous vivez souvent des drames comme celui-là?"
Tubal-Caïn: " En fait, c'est souvent le même drame qui couve longtemps, tout le temps qu'il faut, avant d'exploser".
...Ils venaient de sortir du sommeil. Ça n'avait pas été facile pour la tortue de les faire revenir: ses deux invités avaient été rivés à leur rêve, comme s'ils n'étaient plus capables de quitter l'horreur...
Dieu: " Si tu veux, on va aller s'asseoir devant le feu. J'ai besoin que tu m'expliques..."
Tubal-Caïn: " Expliquer quoi?"
Dieu: " Pourquoi vous vivez des drames semblables..."
...Tubal-Caïn était un artiste du feu: le temps de le dire, il avait ajouté des brindilles, puis une bûchette: le feu ronronnait, pétillait, dansait de plaisir. Les deux compères s'étaient installés devant le foyer, et décompressaient.
Tubal-Caïn: " Tu me demandais pourquoi on vit des drames semblables?"
Dieu: " Ça me dépasse, ces histoires que vous fabriquez. Vous êtes terribles, je n'ai rien vu de semblable ailleurs dans l'univers. Pourtant, à vous voir, on ne se douterait jamais de ce qui peut bouillir dans la marmite".
Tubal-Caïn: " Tu veux dire que tu viens tout juste de l'apprendre?"
Dieu: " À moins de le rêver comme je viens de le faire, ça ne me serait pas possible d'imaginer vos histoires. Vous êtes fous à lier."
... Tubal-Caïn tisonna le feu, et ajouta deux nouvelles bûches. Ils avaient beaucoup à se dire...
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" Ouf " dit Dieu.
" C'est seulement partie remise..." ajouta Tubal-Caïn.
Dieu: " Vous vivez souvent des drames comme celui-là?"
Tubal-Caïn: " En fait, c'est souvent le même drame qui couve longtemps, tout le temps qu'il faut, avant d'exploser".
...Ils venaient de sortir du sommeil. Ça n'avait pas été facile pour la tortue de les faire revenir: ses deux invités avaient été rivés à leur rêve, comme s'ils n'étaient plus capables de quitter l'horreur...
Dieu: " Si tu veux, on va aller s'asseoir devant le feu. J'ai besoin que tu m'expliques..."
Tubal-Caïn: " Expliquer quoi?"
Dieu: " Pourquoi vous vivez des drames semblables..."
...Tubal-Caïn était un artiste du feu: le temps de le dire, il avait ajouté des brindilles, puis une bûchette: le feu ronronnait, pétillait, dansait de plaisir. Les deux compères s'étaient installés devant le foyer, et décompressaient.
Tubal-Caïn: " Tu me demandais pourquoi on vit des drames semblables?"
Dieu: " Ça me dépasse, ces histoires que vous fabriquez. Vous êtes terribles, je n'ai rien vu de semblable ailleurs dans l'univers. Pourtant, à vous voir, on ne se douterait jamais de ce qui peut bouillir dans la marmite".
Tubal-Caïn: " Tu veux dire que tu viens tout juste de l'apprendre?"
Dieu: " À moins de le rêver comme je viens de le faire, ça ne me serait pas possible d'imaginer vos histoires. Vous êtes fous à lier."
... Tubal-Caïn tisonna le feu, et ajouta deux nouvelles bûches. Ils avaient beaucoup à se dire...
lundi 2 avril 2012
Intermède: Le maire suppléant
Dans mon village, à tour de rôle, les échevins élus (conseillers municipaux) sont désignés "maire suppléant". En cas d'absence du maire, ils en occupent les fonctions. Les malheureux! Les inconscients! Ils ne savent pas le risque qu'ils prennent...
C'est une très vieille tradition: elle remonte aux débuts de l'existence des monarchies. Une tradition bien établie, solide, durable: elle a duré une bonne vingtaine de siècles (avant l'ère chrétienne). C'était en Mésopotamie, là où s'est inventé l'urbanisation, l'écriture, et les rois-suppléants.
À l'époque, pour le royaume, il n'y avait rien d'aussi dangereux qu'une éclipse de lune ou de soleil. Tout le monde en était persuadé: le roi risquait de mourir.
Les savants de l'époque prévoyaient ces éclipses, ils étaient forts en astronomie. Quand une éclipse s'annonçait, on trouvait un roi de remplacement, et on faisait disparaître le véritable roi. Ce roi-suppléant prenait tous les signes extérieurs du roi: ses vêtements, son palais, son train de vie, ses fonctions liturgiques. On lui donnait même une jeune reine. Cette suppléance durait le temps que durait la menace de l'éclipse.
Puis ce roi-suppléant et sa reine étaient mis à mort. Les pleureuses officielles se lamentaient. Il y avait des funérailles royales, un deuil national. On priait le fantôme du roi-suppléant de rester au royaume des morts. Et le roi-véritable reprenait ses charges, heureux d'avoir échappé à la malédiction de l'éclipse. (à suivre...)
(Pour connaître tout le sérieux de cette pratique de nos ancêtres, il faut lire le volume de Jean Bottéro: La Mésopotamie, l'écriture, la raison et les dieux)
C'est une très vieille tradition: elle remonte aux débuts de l'existence des monarchies. Une tradition bien établie, solide, durable: elle a duré une bonne vingtaine de siècles (avant l'ère chrétienne). C'était en Mésopotamie, là où s'est inventé l'urbanisation, l'écriture, et les rois-suppléants.
À l'époque, pour le royaume, il n'y avait rien d'aussi dangereux qu'une éclipse de lune ou de soleil. Tout le monde en était persuadé: le roi risquait de mourir.
Les savants de l'époque prévoyaient ces éclipses, ils étaient forts en astronomie. Quand une éclipse s'annonçait, on trouvait un roi de remplacement, et on faisait disparaître le véritable roi. Ce roi-suppléant prenait tous les signes extérieurs du roi: ses vêtements, son palais, son train de vie, ses fonctions liturgiques. On lui donnait même une jeune reine. Cette suppléance durait le temps que durait la menace de l'éclipse.
Puis ce roi-suppléant et sa reine étaient mis à mort. Les pleureuses officielles se lamentaient. Il y avait des funérailles royales, un deuil national. On priait le fantôme du roi-suppléant de rester au royaume des morts. Et le roi-véritable reprenait ses charges, heureux d'avoir échappé à la malédiction de l'éclipse. (à suivre...)
(Pour connaître tout le sérieux de cette pratique de nos ancêtres, il faut lire le volume de Jean Bottéro: La Mésopotamie, l'écriture, la raison et les dieux)
dimanche 1 avril 2012
Genèse 46. Le remous
" (Juda) demanda: Quel gage te donnerai-je? et (Tamar) répondit: Ton sceau et ton cordon et la canne que tu as à la main. Il les lui donna et alla avec elle, qui devint enceinte de lui." (Genèse, Bible de Jérusalem)
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Caïn songe qu'il est temps d'agir. À l'heure qu'il est, son frère Abel a reçu son message, il va bientôt prendre le sentier et s'en venir... Il n'y a qu'à aller l'attendre, en embuscade. Caïn se lève de table, glisse son poignard dans sa ceinture, et quitte la maison, laissant son chien Tobi à l'intérieur.
......
" Ça suffit de rêver! Réveille-toi!" dit la Tortue, en secouant vigoureusement Tubal-Caïn. Elle a beau le bousculer, il ne réagit pas, comme englouti dans son sommeil.
......
Posté près du petit pont qui enjambe le ruisseau, à l'écart, dissimulé derrière les buissons, Caïn ne bouge pas. Il guette.
.......
La Tortue commence à s'affoler. Vitement elle va secouer son ami Serpent Gris: 'Hé, viens vite m'aider à réveiller Tubal-Caïn, c'est pressant!"
Serpent Gris: " Pourquoi le réveiller? Tu voulais donner à Dieu la chance de rêver avec Tubal-Caïn... Ça ne fonctionne pas?"
La Tortue: " Ça fonctionne trop: le rêve tourne à la catastrophe. Il faut réveiller Tubal-Caïn pour que ça arrête."
.......
Au loin, une silhouette. "Ça doit être Abel que je vois venir" se dit Caïn. "Il a dû mettre ses bottes de chevreau, il ne fait pas plus de bruit qu'un fantôme".
........
Serpent Gris: " Regarde: Tubal-Caïn dort comme un ivrogne, tu ne le réveilleras pas. As-tu pensé que tu pouvais intervenir, en le rejoignant dans son rêve? Je te connais, tu n'as qu'à te concentrer..."
La Tortue: " Tu as raison, il n'y a pas d'autre solution. Je fonce!" Elle ferme les yeux, tombe en sommeil profond.
......
" Caïn!! Hohé! Caïn!!! On te cherche!!!"
Caïn se retourne: les voix viennent de chez-lui. Il distingue trois ombres qui se dépêchent et s'approchent sur le sentier, mais c'est d'abord son chien Tobi qui le flaire et l'approche...
"Quoi faire maintenant?" se demande Caïn... " leur trancher la gorge à tout le monde? Non, pas maintenant".
Il rengaine son poignard et marche vers les arrivants. Il reconnait d'abord sa femme Déborah, puis sa cousine Milka, et le cousin.
"Déjà revenue?" dit-il à Déborah.
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Caïn songe qu'il est temps d'agir. À l'heure qu'il est, son frère Abel a reçu son message, il va bientôt prendre le sentier et s'en venir... Il n'y a qu'à aller l'attendre, en embuscade. Caïn se lève de table, glisse son poignard dans sa ceinture, et quitte la maison, laissant son chien Tobi à l'intérieur.
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" Ça suffit de rêver! Réveille-toi!" dit la Tortue, en secouant vigoureusement Tubal-Caïn. Elle a beau le bousculer, il ne réagit pas, comme englouti dans son sommeil.
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Posté près du petit pont qui enjambe le ruisseau, à l'écart, dissimulé derrière les buissons, Caïn ne bouge pas. Il guette.
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La Tortue commence à s'affoler. Vitement elle va secouer son ami Serpent Gris: 'Hé, viens vite m'aider à réveiller Tubal-Caïn, c'est pressant!"
Serpent Gris: " Pourquoi le réveiller? Tu voulais donner à Dieu la chance de rêver avec Tubal-Caïn... Ça ne fonctionne pas?"
La Tortue: " Ça fonctionne trop: le rêve tourne à la catastrophe. Il faut réveiller Tubal-Caïn pour que ça arrête."
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Au loin, une silhouette. "Ça doit être Abel que je vois venir" se dit Caïn. "Il a dû mettre ses bottes de chevreau, il ne fait pas plus de bruit qu'un fantôme".
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Serpent Gris: " Regarde: Tubal-Caïn dort comme un ivrogne, tu ne le réveilleras pas. As-tu pensé que tu pouvais intervenir, en le rejoignant dans son rêve? Je te connais, tu n'as qu'à te concentrer..."
La Tortue: " Tu as raison, il n'y a pas d'autre solution. Je fonce!" Elle ferme les yeux, tombe en sommeil profond.
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" Caïn!! Hohé! Caïn!!! On te cherche!!!"
Caïn se retourne: les voix viennent de chez-lui. Il distingue trois ombres qui se dépêchent et s'approchent sur le sentier, mais c'est d'abord son chien Tobi qui le flaire et l'approche...
"Quoi faire maintenant?" se demande Caïn... " leur trancher la gorge à tout le monde? Non, pas maintenant".
Il rengaine son poignard et marche vers les arrivants. Il reconnait d'abord sa femme Déborah, puis sa cousine Milka, et le cousin.
"Déjà revenue?" dit-il à Déborah.
jeudi 29 mars 2012
Genèse 45. Le vent se lève
" Juda prit une femme pour son premier né Er: elle se nommait Tamar. Mais Er, premier-né de Juda, déplut à Yahvé qui le fit mourir. Alors Juda dit à Onân: "Va vers la femme de ton frère, remplis avec elle ton devoir de beau-frère et assure une postérité à ton frère." Ce qu'il faisait déplut à Yahvé, qui le fit mourir lui-aussi". (Genèse, Bible de Jérusalem).
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... Le cousin rentre, et reste très surpris, à regarder sa femme Milka et la femme de Caïn, Déborah. Les deux cousines ont terminé leur besogne de la journée: elles roulent les deux couvertures qu'elles ont tissées.
Le cousin: " Vous avez tissé des couvertures! Je vais passer pour un beau menteur!"
Son épouse Milka: " Tu pensais qu'on ne faisait rien de la journée?"
Le cousin: " Ce midi, à l'auberge, Caïn m'a demandé quels travaux étaient en cours... il me parlait de tissage de couvertures... Je lui ai dit que vous mettiez des cornichons dans le gros sel, et que les couvertures, c'était le mois passé".
... Déborah, l'épouse de Caïn, ouvre de grands yeux...
Déborah: " Tu lui as dit ça ce midi? Ça y est, les drames de jalousie vont recommencer! Il vérifiait, comme c'est son habitude, si c'était vrai, ce que je lui ai dit ce matin... Cousin, vous m'avez mis dans de beaux draps, en répondant de travers!"
Le cousin: " C'est si grave que ça? "
Déborah: " Caïn est jaloux comme un coq, il passe son temps à me surveiller, à me soupçonner. Je me sens toujours comme une brebis enfermée dans un enclos, surveillée par un chien policier..."
Le cousin: " Quelle différence, si vous faites des couvertures, alors que j'ai dit que vous mettiez des cornichons dans le gros sel?"
Déborah: " Quelle différence? Caïn va être certain que je lui ai menti, et que je suis allé rejoindre un amant. C'est son obsession."
Le cousin: " Tu n'auras qu'à lui dire, demain, que j'ai répondu sans savoir, que je me suis trompé, simplement!"
Déborah: " Simplement! Simplement!... C'est vite dit! ... Non, je ne peux plus rester ici pour la nuit, il faut que je rentre chez-moi tout de suite. Même si je sens que ça va barder, ça va être pire si je rentre demain seulement."
... À la hâte, Déborah ramasse ses affaires, noue son baluchon...
La cousine Milka: " J'y vais avec toi ".
Le cousin: " La nuit est tombée maintenant. Les femmes, vous ne pouvez pas sortir toutes seules. Je vais y aller avec vous, comme ça Caïn va se calmer"
... Tous les trois, ils quittent en hâte la maison...
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... Le cousin rentre, et reste très surpris, à regarder sa femme Milka et la femme de Caïn, Déborah. Les deux cousines ont terminé leur besogne de la journée: elles roulent les deux couvertures qu'elles ont tissées.
Le cousin: " Vous avez tissé des couvertures! Je vais passer pour un beau menteur!"
Son épouse Milka: " Tu pensais qu'on ne faisait rien de la journée?"
Le cousin: " Ce midi, à l'auberge, Caïn m'a demandé quels travaux étaient en cours... il me parlait de tissage de couvertures... Je lui ai dit que vous mettiez des cornichons dans le gros sel, et que les couvertures, c'était le mois passé".
... Déborah, l'épouse de Caïn, ouvre de grands yeux...
Déborah: " Tu lui as dit ça ce midi? Ça y est, les drames de jalousie vont recommencer! Il vérifiait, comme c'est son habitude, si c'était vrai, ce que je lui ai dit ce matin... Cousin, vous m'avez mis dans de beaux draps, en répondant de travers!"
Le cousin: " C'est si grave que ça? "
Déborah: " Caïn est jaloux comme un coq, il passe son temps à me surveiller, à me soupçonner. Je me sens toujours comme une brebis enfermée dans un enclos, surveillée par un chien policier..."
Le cousin: " Quelle différence, si vous faites des couvertures, alors que j'ai dit que vous mettiez des cornichons dans le gros sel?"
Déborah: " Quelle différence? Caïn va être certain que je lui ai menti, et que je suis allé rejoindre un amant. C'est son obsession."
Le cousin: " Tu n'auras qu'à lui dire, demain, que j'ai répondu sans savoir, que je me suis trompé, simplement!"
Déborah: " Simplement! Simplement!... C'est vite dit! ... Non, je ne peux plus rester ici pour la nuit, il faut que je rentre chez-moi tout de suite. Même si je sens que ça va barder, ça va être pire si je rentre demain seulement."
... À la hâte, Déborah ramasse ses affaires, noue son baluchon...
La cousine Milka: " J'y vais avec toi ".
Le cousin: " La nuit est tombée maintenant. Les femmes, vous ne pouvez pas sortir toutes seules. Je vais y aller avec vous, comme ça Caïn va se calmer"
... Tous les trois, ils quittent en hâte la maison...
mardi 27 mars 2012
Genèse 44. Pleine lune
" David écrivit une lettre à Joab et la fit porter par Urie. Il écrivait dans cette lettre: " Mettez Urie au plus fort de la mêlée et reculez derrière lui: qu'il soit frappé et qu'il meure." (Deuxième livre de Samuel, Bible de Jérusalem)
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Le souper est terminé. Sous la tente des bergers-nomades, la jeune Agar déroule maintenant les tapis, pour la nuit. À l'écart, Abel enfile ses longues bottes en chevreau.
Agar: " Qu'est-ce que tu fais?"
Abel: " Je m'en vais chez Caïn. Il m'a fait dire qu'il veut me voir."
Agar: " Tu n'as plus qu'une sandale? "
Abel: " C'est quand j'ai traversé ce fichu marais, ce midi. La glaise a englouti mon pied gauche, et la sandale a disparu."
Agar: " Tu es retourné au marais?"
Abel: " Oui, je voulais être certain de mon affaire. J'ai vérifié: ce marais va nous donner toutes les briques dont on a besoin pour notre future maison. On va le réaliser, ton rêve: on va s'installer au village, et nos enfants pourront apprendre un vrai métier"
... Agar est devenue toute pâle. "Abel, reste ici. Ne sors pas"
Abel regarde sa jeune épouse. Il est visiblement contrarié: " Qu'est-ce qu'il y a?"
Agar: " Ce midi j'ai fait un rêve terrible à ton sujet. Toute la journée ensuite, un pressentiment de malheur ne m'a pas lâché. Ne sors pas."
Abel en a soupé, des pressentiments de son Égyptienne: " À quoi as-tu rêvé, encore?"
Agar: " Tu avais mis le pied gauche dans un piège à ours. Tu n'arrivais plus à dégager ta jambe. Puis un ours en colère s'est rué sur toi. Il allait te déchirer, t'aplatir... J'ai eu tellement peur que je me suis réveillée, toute en sueurs..."
Abel: " C'est des lubies de femme, Agar. Vous autres, les gens du Nil, vous vous racontez toujours des peurs. "
Agar: " Dans mon rêve, tu avais le pied gauche pris dans un piège. Aujourd'hui, c'est bien ton pied gauche qui s'est enfoncé dans la glaise, et la sandale y a disparu! Ne sors pas ce soir."
Abel: " Il n'y a pas de piège à ours sur le sentier qui mène à la maison de Caïn. On n'est pas dans le désert, ici. Et puis, c'est la pleine lune, on voit comme en plein jour. "
Agar: " Abel, le rêve prémonitoire que j'ai fait, il faut l'écouter. Reste ici ce soir."
Abel: " Faut que j'y aille. Caïn va être frustré si je n'y vais pas. Ensuite je ne pourrai jamais lui offrir d'acheter le marais pour faire les briques de notre maison. Je ne serai pas longtemps, je reviens tout de suite."
...
Abel ne veut plus discuter. Il se glisse en dehors de la tente.
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Le souper est terminé. Sous la tente des bergers-nomades, la jeune Agar déroule maintenant les tapis, pour la nuit. À l'écart, Abel enfile ses longues bottes en chevreau.
Agar: " Qu'est-ce que tu fais?"
Abel: " Je m'en vais chez Caïn. Il m'a fait dire qu'il veut me voir."
Agar: " Tu n'as plus qu'une sandale? "
Abel: " C'est quand j'ai traversé ce fichu marais, ce midi. La glaise a englouti mon pied gauche, et la sandale a disparu."
Agar: " Tu es retourné au marais?"
Abel: " Oui, je voulais être certain de mon affaire. J'ai vérifié: ce marais va nous donner toutes les briques dont on a besoin pour notre future maison. On va le réaliser, ton rêve: on va s'installer au village, et nos enfants pourront apprendre un vrai métier"
... Agar est devenue toute pâle. "Abel, reste ici. Ne sors pas"
Abel regarde sa jeune épouse. Il est visiblement contrarié: " Qu'est-ce qu'il y a?"
Agar: " Ce midi j'ai fait un rêve terrible à ton sujet. Toute la journée ensuite, un pressentiment de malheur ne m'a pas lâché. Ne sors pas."
Abel en a soupé, des pressentiments de son Égyptienne: " À quoi as-tu rêvé, encore?"
Agar: " Tu avais mis le pied gauche dans un piège à ours. Tu n'arrivais plus à dégager ta jambe. Puis un ours en colère s'est rué sur toi. Il allait te déchirer, t'aplatir... J'ai eu tellement peur que je me suis réveillée, toute en sueurs..."
Abel: " C'est des lubies de femme, Agar. Vous autres, les gens du Nil, vous vous racontez toujours des peurs. "
Agar: " Dans mon rêve, tu avais le pied gauche pris dans un piège. Aujourd'hui, c'est bien ton pied gauche qui s'est enfoncé dans la glaise, et la sandale y a disparu! Ne sors pas ce soir."
Abel: " Il n'y a pas de piège à ours sur le sentier qui mène à la maison de Caïn. On n'est pas dans le désert, ici. Et puis, c'est la pleine lune, on voit comme en plein jour. "
Agar: " Abel, le rêve prémonitoire que j'ai fait, il faut l'écouter. Reste ici ce soir."
Abel: " Faut que j'y aille. Caïn va être frustré si je n'y vais pas. Ensuite je ne pourrai jamais lui offrir d'acheter le marais pour faire les briques de notre maison. Je ne serai pas longtemps, je reviens tout de suite."
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Abel ne veut plus discuter. Il se glisse en dehors de la tente.
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