Les paroles s'envolent, les écrits restent. On nous disait cette maxime pour nous prévenir d'être prudents: c'est toujours vrai, on le voit avec le phénomène des messages diplomatiques diffusés dans les médias! Mais ce n'est pas la durée de vie qui distingue les paroles et les écrits.
Depuis l'invention des écritures, il y a plus de 7,000 ans sans doute, le cerveau humain s'est transformé. Le centre de la parole n'est pas le centre de l'écriture. Paroles et écritures utilisent des dictionnaires différents, et les entrepôts de mémoire sont distincts. L'homme qui parle n'est pas l'homme qui écrit. (Une phrase qui est dite n'est pas une phrase chantée non plus: après un accident cérébral, une personne peut chanter des phrases et ne plus avoir accès à la parole ordinaire).
Les paroles s'envolent? Elles se retrouvent emmagasinées dans les messageries de téléphone, et dureront un temps indéterminé. Les écrits peuvent avoir une durée éphémère: un message amoureux sur le sable d'une plage, la prochaine marée va l'effacer!
La première forme d'écriture a dû être orale: c'était la création de poèmes, comme l'Iliade et l'Odyssée. Déjà se compartimentaient des zones différentes du cerveau. Les grands mythes de la création du monde, avant d'être écrits, ils étaient transmis pendant des siècles, sans doute. Ces paroles ne s'envolaient pas!
On écrit pour avoir accès à une autre pensée, à d'autres images, d'autres souvenirs. Quand je n'écris pas, mon cerveau fonctionne toujours mais sur le mode de rêveries. Si j'écris des mots, le cerveau devient architecte, il construit à partir des mots écrits, il associe.
Un écrivain fabrique des écritures, comme un boulanger produit des pains. C'est semblable au travail de l'abeille-ouvrière qui court le pollen des fleurs, puis revient à la ruche et mâchouille le nectar, en fabrique le miel. D'autres abeilles se nourriront de ce miel. Les mots écrits sont aussi des mets cuisinés, une nourriture.
L'homme est un animal qui écrit...
chaque jour, un court texte et un dessin. vous pouvez envoyer un courriel à l'adresse: hubertbeaudry@videotron.ca ou, cliquer sur commentaire. ce blog expérimente et va se transformer comme toute plante, avec une dose de photosynthèse
samedi 31 décembre 2011
vendredi 30 décembre 2011
Faut-il pardonner? 5.
Je continue à réfléchir sur mon héritage culturel, celui du Québec religieux d'il y a deux générations. Pour valider mes propos, je consulte un gros album: le catéchisme en images. Tourner les pages de ce catéchisme donne le frisson. Rien d'aussi désolant que ce catéchisme qui guidait l'enseignement quotidien dans les classes du primaire. Rien qui contredise autant l'évangile. Évidemment je vais caricaturer, exagérer dans ces réflexions, mais pourquoi pas. Un excès en attire un autre!
J'ai l'impression que ce catéchisme est un bon exemple pour comprendre ce qui s'est passé.
Du temps de Jésus, il y avait aussi un catéchisme: un code tout plein de rituels à suivre, d'observances méticuleuses. Toute une organisation religieuse s'occupait de gérer les sacrifices au Temple de Jérusalem et le respect de toutes ces lois.
Quand on lit les évangiles, on voit nettement le conflit entre Jésus et tout le pouvoir religieux: Jésus ramenait la religion à toute autre chose que ces rituels et observances. "Le Père", disait-il, n'est pas intéressé à autre chose qu'un comportement de compassion, de non-jugement entre humains. "Ce que vous faites au plus petit "de la famille", c'est à moi que vous le faites". Le reste de l'encens, ça lui puait au nez, disait-il.
Après la mort de Jésus, il s'est bâti un autre catéchisme, tout aussi chargé de lois, de dogmes à croire, pour remplacer le catéchisme précédent. Les théologiens ne pouvaient pas vivre avec cette conversion du coeur à la compassion, il leur fallait se triturer les méninges pour aboutir à un foisonnement d'articles de foi votés dans de graves conciles, qui excommuniaient ceux qui ne se ralliaient pas à leurs subtilités. Il ne faut pas oublier que l'Eglise brûlait les hérétiques.
Il y a un double message, une contradiction. Comme si le cerveau humain ne pouvait pas tolérer la simplicité d'une musique, d'un geste qui parle. La théologie chrétienne a choisi les arguties des procès plutôt que le silence du pardon.
J'ai l'impression que ce catéchisme est un bon exemple pour comprendre ce qui s'est passé.
Du temps de Jésus, il y avait aussi un catéchisme: un code tout plein de rituels à suivre, d'observances méticuleuses. Toute une organisation religieuse s'occupait de gérer les sacrifices au Temple de Jérusalem et le respect de toutes ces lois.
Quand on lit les évangiles, on voit nettement le conflit entre Jésus et tout le pouvoir religieux: Jésus ramenait la religion à toute autre chose que ces rituels et observances. "Le Père", disait-il, n'est pas intéressé à autre chose qu'un comportement de compassion, de non-jugement entre humains. "Ce que vous faites au plus petit "de la famille", c'est à moi que vous le faites". Le reste de l'encens, ça lui puait au nez, disait-il.
Après la mort de Jésus, il s'est bâti un autre catéchisme, tout aussi chargé de lois, de dogmes à croire, pour remplacer le catéchisme précédent. Les théologiens ne pouvaient pas vivre avec cette conversion du coeur à la compassion, il leur fallait se triturer les méninges pour aboutir à un foisonnement d'articles de foi votés dans de graves conciles, qui excommuniaient ceux qui ne se ralliaient pas à leurs subtilités. Il ne faut pas oublier que l'Eglise brûlait les hérétiques.
Il y a un double message, une contradiction. Comme si le cerveau humain ne pouvait pas tolérer la simplicité d'une musique, d'un geste qui parle. La théologie chrétienne a choisi les arguties des procès plutôt que le silence du pardon.
jeudi 29 décembre 2011
Faut-il pardonner? 4.
Au Québec, la société d'autrefois parlait beaucoup du pardon: chaque jour, on récitait la prière du "Notre Père qui êtes aux cieux". Dans cette prière, on disait à Dieu: " pardonnez-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés". Est-ce que ce n'était qu'une récitation de prière, ou bien c'était "passé dans les moeurs" de se pardonner entre voisins ou entre parents? Pour le savoir, il faut se souvenir de nos parents et grand-parents.
Aujourd'hui "l'idée" de pardonner est-elle encore dans le paysage? Autrement dit, s'il n'y a plus ces rituels de prière qui en parlent, est-ce que le pardon fait encore partie des réflexes? Pour ma part, même le mot "pardon" s'est évaporé, comme tous les mots du bagage religieux. Si le mot disparait, est-ce que le réflexe agit encore?
Alors je me demande si le pardon existait dans ces cultures qui ont précédé la culture judéo-chrétienne: en Mésopotamie, en Egypte puis en Grèce. Sans doute qu'un pharaon ou un monarque pouvait faire preuve, à l'occasion, de générosité en libérant des détenus, mais chez les citoyens, est-ce que le pardon pouvait régler leurs disputes, ou bien tout se réglait par des procès?
Je me demande si la pratique du pardon peut exister en dehors des religions... Les Bouddhistes se pardonnent-ils entre eux? Il faudra que je m'instruise. Si ce blog était un forum où plein de gens s'expriment, comme j'en apprendrais, des choses!
Aujourd'hui "l'idée" de pardonner est-elle encore dans le paysage? Autrement dit, s'il n'y a plus ces rituels de prière qui en parlent, est-ce que le pardon fait encore partie des réflexes? Pour ma part, même le mot "pardon" s'est évaporé, comme tous les mots du bagage religieux. Si le mot disparait, est-ce que le réflexe agit encore?
Alors je me demande si le pardon existait dans ces cultures qui ont précédé la culture judéo-chrétienne: en Mésopotamie, en Egypte puis en Grèce. Sans doute qu'un pharaon ou un monarque pouvait faire preuve, à l'occasion, de générosité en libérant des détenus, mais chez les citoyens, est-ce que le pardon pouvait régler leurs disputes, ou bien tout se réglait par des procès?
Je me demande si la pratique du pardon peut exister en dehors des religions... Les Bouddhistes se pardonnent-ils entre eux? Il faudra que je m'instruise. Si ce blog était un forum où plein de gens s'expriment, comme j'en apprendrais, des choses!
mercredi 28 décembre 2011
Faut-il pardonner? 3.
Je me souviens d'un ami qui se préparait à mourir, atteint du sida. Il était hébergé dans une maison tenue par des religieuses. Leur mission était exceptionnelle: elles hébergeaient dans la paix ceux qui allaient mourir.
Les religieuses ne le traitaient pas comme un pécheur à convertir: elles s'occupaient d'autre chose que de morale. Elles s'occupaient à respecter, à faire confiance, à aimer.
Certaines personnes ont besoin, avant de mourir, de faire la paix: ils ne décrochent pas de la vie tant que n'est pas venu cette personne qu'ils attendent. Ensuite seulement ils se laissent glisser.
Cet ami avait demandé qu'on ne permette pas la visite à ses frères ou à ses soeurs: il ne voulait pas recevoir des gens qui, selon lui, l'avaient jugé, condamné, rejeté. Il voulait mourir en paix, et leur visite pouvait gâcher cette paix.
Cet ami n'avait plus une once d'énergie pour souffrir une visite dont il n'attendait plus rien. Il leur laissait le conflit, ce n'était plus son conflit, il n'y était plus. Simplement accepter de mourir, c'était son grand défi.
Au fond, il faisait la paix avec lui-même. Il faisait la paix avec la vie.
Les religieuses ne le traitaient pas comme un pécheur à convertir: elles s'occupaient d'autre chose que de morale. Elles s'occupaient à respecter, à faire confiance, à aimer.
Certaines personnes ont besoin, avant de mourir, de faire la paix: ils ne décrochent pas de la vie tant que n'est pas venu cette personne qu'ils attendent. Ensuite seulement ils se laissent glisser.
Cet ami avait demandé qu'on ne permette pas la visite à ses frères ou à ses soeurs: il ne voulait pas recevoir des gens qui, selon lui, l'avaient jugé, condamné, rejeté. Il voulait mourir en paix, et leur visite pouvait gâcher cette paix.
Cet ami n'avait plus une once d'énergie pour souffrir une visite dont il n'attendait plus rien. Il leur laissait le conflit, ce n'était plus son conflit, il n'y était plus. Simplement accepter de mourir, c'était son grand défi.
Au fond, il faisait la paix avec lui-même. Il faisait la paix avec la vie.
mardi 27 décembre 2011
Faut-il pardonner? 2.
Dans la pensée d'autrefois (un autrefois récent, celui de mon enfance), le pardon communiquait une éternité dans le ciel (après la mort). Remettre à plus tard de "passer au confessionnal", c'était jouer à la loterie: en cas de mort subite, on allait payer cher, et longtemps, cette négligence. Durant les retraites paroissiales, les prédicateurs ne se privaient pas de raconter le cas des malheureux frappés par la foudre, qui tombaient raide morts avec une âme en état de péché mortel.
En cas de maladie grave, on recevait la visite du prêtre qui donnait le sacrement d'extrême-onction. Avec une huile bénite, il posait des signes de croix sur les yeux, sur la bouche, sur les mains: pour effacer les péchés commis par les sens. Le prêtre donnait aussi la communion: cette hostie s'appelait "le viatique" ( = pour le voyage). Chez les Romains, on mettait une pièce d'argent dans la bouche du mort: c'était aussi pour le voyage. Le passeur, celui qui maniait la barque pour passer les âmes, demandait à être payé.
Le pardon, on avait donc tous intérêt à le recevoir. À moins d'être un enfant encore innocent, ou bien d'être un saint comme le frère André, c'était admis et enseigné qu'on étaient tous pécheurs, et qu'il fallait un pardon pour effacer les péchés. Chaque village avait son boulanger pour le pain et son curé pour les péchés.
Les jours qui précédaient Noël, il y avait donc de longues séances de confessionnal. Ainsi on commençait l'année sur un bon pied. Jamais on n'aurait entendu parler d'un pardon "humain", celui qu'on se donne à soi-même, ou qu'on accorde à son monde.
En cas de maladie grave, on recevait la visite du prêtre qui donnait le sacrement d'extrême-onction. Avec une huile bénite, il posait des signes de croix sur les yeux, sur la bouche, sur les mains: pour effacer les péchés commis par les sens. Le prêtre donnait aussi la communion: cette hostie s'appelait "le viatique" ( = pour le voyage). Chez les Romains, on mettait une pièce d'argent dans la bouche du mort: c'était aussi pour le voyage. Le passeur, celui qui maniait la barque pour passer les âmes, demandait à être payé.
Le pardon, on avait donc tous intérêt à le recevoir. À moins d'être un enfant encore innocent, ou bien d'être un saint comme le frère André, c'était admis et enseigné qu'on étaient tous pécheurs, et qu'il fallait un pardon pour effacer les péchés. Chaque village avait son boulanger pour le pain et son curé pour les péchés.
Les jours qui précédaient Noël, il y avait donc de longues séances de confessionnal. Ainsi on commençait l'année sur un bon pied. Jamais on n'aurait entendu parler d'un pardon "humain", celui qu'on se donne à soi-même, ou qu'on accorde à son monde.
lundi 26 décembre 2011
Faut-il pardonner? 1.
C'était une tradition dans les shetls (les villages juifs d'Europe, avant la Shoah), d'échanger des pardons entre voisins, une fois par an. On se visitait et on faisait la paix.
Dans mon enfance catholique, nous n'allions pas demander pardon entre nous, après nos chicanes et nos batailles. Le pardon (et la culpabilité) se passait entre nous et Dieu: chaque mois toutes les classes du primaire se rendaient, en rangs, jusqu'à l'église. À tour de rôle, chacun entrait dans la noirceur du confessionnal pour chuchoter ses péchés et recevoir une absolution des péchés confessés. Cela s'appelait le sacrement de pénitence.
Chose certaine, nous n'apprenions pas à nous pardonner à nous-mêmes. C'était à Dieu qu'il fallait demander pardon. C'était lui, d'ailleurs, qui avait le gros bout du bâton et qui allait nous punir par l'enfer éternel, à moins d'obtenir son pardon en passant par le confessionnal.
Le "petit catéchisme" nous l'enseignait, à partir d'un texte de la bible: c'était un texte qui racontait les paroles de Jésus après sa résurrection. Il avait dit à ses apôtres (futurs évêques de la nouvelle Eglise) qu'eux seuls auraient le pouvoir d'ouvrir ou de fermer le ciel aux croyants, de pardonner ou de ne pas pardonner les péchés.
Une des conséquences possibles de cette éducation d'autrefois, c'était de vivre avec un sentiment constant de culpabilité. (La pratique quotidienne d'examen de la conscience permettait de faire le bilan des fautes de la journée, dont on reconnaissait être coupable). Pour vivre en paix, il était plus simple de nier cette culpabilité, en la rejetant sur les autres. (Freud: la projection) On rendait les autres coupables.
Pratiquer le "pas de blâme" permet de respirer à fond, en paix. Si je comprends bien cette pratique, elle a comme fondement une attitude pacifique vis-à-vis les émotions qui nous visitent. Reconnaître qu'on est en colère, sans se blâmer d'être visité par cette émotion: ainsi elle passe.
Dans mon enfance catholique, nous n'allions pas demander pardon entre nous, après nos chicanes et nos batailles. Le pardon (et la culpabilité) se passait entre nous et Dieu: chaque mois toutes les classes du primaire se rendaient, en rangs, jusqu'à l'église. À tour de rôle, chacun entrait dans la noirceur du confessionnal pour chuchoter ses péchés et recevoir une absolution des péchés confessés. Cela s'appelait le sacrement de pénitence.
Chose certaine, nous n'apprenions pas à nous pardonner à nous-mêmes. C'était à Dieu qu'il fallait demander pardon. C'était lui, d'ailleurs, qui avait le gros bout du bâton et qui allait nous punir par l'enfer éternel, à moins d'obtenir son pardon en passant par le confessionnal.
Le "petit catéchisme" nous l'enseignait, à partir d'un texte de la bible: c'était un texte qui racontait les paroles de Jésus après sa résurrection. Il avait dit à ses apôtres (futurs évêques de la nouvelle Eglise) qu'eux seuls auraient le pouvoir d'ouvrir ou de fermer le ciel aux croyants, de pardonner ou de ne pas pardonner les péchés.
Une des conséquences possibles de cette éducation d'autrefois, c'était de vivre avec un sentiment constant de culpabilité. (La pratique quotidienne d'examen de la conscience permettait de faire le bilan des fautes de la journée, dont on reconnaissait être coupable). Pour vivre en paix, il était plus simple de nier cette culpabilité, en la rejetant sur les autres. (Freud: la projection) On rendait les autres coupables.
Pratiquer le "pas de blâme" permet de respirer à fond, en paix. Si je comprends bien cette pratique, elle a comme fondement une attitude pacifique vis-à-vis les émotions qui nous visitent. Reconnaître qu'on est en colère, sans se blâmer d'être visité par cette émotion: ainsi elle passe.
vendredi 23 décembre 2011
chien et chat
Pourquoi se priver? Chien et chat sont différents mais on n'a pas besoin de comparer, ils donnent chacun beaucoup de plaisir, à leur manière. Si on a à choisir, il faut choisir les deux. Ils s'entendent très bien, d'ailleurs.
Les animaux ont beaucoup de sensibilité. Sans vous insulter, je dirais qu'ils en ont davantage que les humains. C'est pas un reproche que je nous fais: je constate sans porter de blâme. L'explication: leurs sens captent davantage. Leur radar est toujours en alerte: ils ne perdent rien des bruits, des odeurs. Ils sont tellement présents à tout ce qui est autour! Et pas seulement à l'heure de la bouffe!
Et puis, ils adorent être avec nous. Un chat vient s'installer sur moi, si je m'assois dans un fauteuil, comme dans un nid, et ronronne. Mon chien Charlot s'étend à côté du fauteuil, comme un gardien attentif. Heureusement qu'il ne grimpe pas sur le fauteuil, vu sa grosseur!
Je ne comprends pas ces maisons qui interdisent les animaux domestiques. Quel règlement inhumain! C'est comme si on interdisait le chauffage, le téléphone et la musique. C'est obliger à la solitude froide. L'équivalent d'un pénitencier.
Je suis persuadé qu'on change, quand on vit avec eux. Les Egyptiens avaient cette sagesse, ils les honoraient, sans lésiner, en leur reconnaissant une âme tout aussi immortelle que l'âme des humains.
Les animaux ont beaucoup de sensibilité. Sans vous insulter, je dirais qu'ils en ont davantage que les humains. C'est pas un reproche que je nous fais: je constate sans porter de blâme. L'explication: leurs sens captent davantage. Leur radar est toujours en alerte: ils ne perdent rien des bruits, des odeurs. Ils sont tellement présents à tout ce qui est autour! Et pas seulement à l'heure de la bouffe!
Et puis, ils adorent être avec nous. Un chat vient s'installer sur moi, si je m'assois dans un fauteuil, comme dans un nid, et ronronne. Mon chien Charlot s'étend à côté du fauteuil, comme un gardien attentif. Heureusement qu'il ne grimpe pas sur le fauteuil, vu sa grosseur!
Je ne comprends pas ces maisons qui interdisent les animaux domestiques. Quel règlement inhumain! C'est comme si on interdisait le chauffage, le téléphone et la musique. C'est obliger à la solitude froide. L'équivalent d'un pénitencier.
Je suis persuadé qu'on change, quand on vit avec eux. Les Egyptiens avaient cette sagesse, ils les honoraient, sans lésiner, en leur reconnaissant une âme tout aussi immortelle que l'âme des humains.
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