jeudi 14 avril 2011

le blog et l'écriture automatique

Je pratique ces deux formes d'écriture.
Elles sont à l'opposé. Je suppose que
ce sont deux espaces différents, dans
le cerveau, qui s'activent selon que
j'aborde l'écriture du blog ou celle des
pages d'écriture automatique.  Plus j'y
songe, plus je vois de différences.

L'écriture automatique semble plus
difficile, plus exigeante, comme un
marathon.  Elle demande la rigueur
d'une discipline, c'est l'équivalent d'un
contrat très strict. Chaque jour je m'y
applique, sans demi-mesure.

Mais c'est le blog qui exige le plus.
Il y a une sorte de responsabilité dans
un blog:  celle de communiquer une
valeur. Il y a beaucoup de silences
dans un blog de cette sorte. Cette
écriture parfois s'immobilise: tout le
contraire de l'automatisme.

Curieusement, la sorte de dessin qui accompagne les écritures de ce blog comporte aussi deux formes opposées, deux extrêmes.  Un premier jet, d'une ligne continue, voit apparaître un personnage... Le travail suivant, qui noircit des espaces, est une toute autre aventure.

mercredi 13 avril 2011

bactéries et cristaux de neige

Ai demandé à mon ami André,  biologiste
spécialiste dans l'amélioration des céréales,
s'il y avait des bactéries dans les cristaux
de neige.  Ils ont l'air tellement innocents,
immaculés, les cristaux...

J'en ai appris davantage...(Il faudrait plus
que ce mince blog pour communiquer
surprise après surprise).  Les cristaux de
neige?  Faut savoir que les bactéries, dans
l'air, cristallisent l'humidité, font pleuvoir!
...l'aéro plancton...  Pour ensemencer les
nuages et amorcer les précipitations...

André m'a parlé des amandiers qui fixaient
ces précieuses bactéries et donnaient la
pluie, autrefois, sur la campagne syrienne...

Et ce midi, au cafétéria de Place Laurier,
c'est un étudiant en médecine qui m'a parlé
de bactéries mangeuses de sable, qui
pourraient transformer le désert en terre
cultivable...
Cela nous ramène aux belles histoires du
temps du catéchisme:  la manne, semblable à du givre, que les Israélites ramassaient pour se nourrir, dans leur longue traversée du désert...

mardi 12 avril 2011

Après coup, on pense que c'était planifié

C'est par hasard qu'on trouve
ce qui marche. Mais il y a plus
que le hasard...

Par paresse, ou par fantaisie,
sans trop le vouloir, on s'était
éloigné du geste habituel,
et puis voilà que ça fonctionnait
très bien, et même mieux qu'à
l'accoutumée! Avec plus de
facilité, avec plus d'aisance...
Alors pourquoi se gêner?
On a donc adopté la nouvelle
formule,  et laissé tomber
l'ancienne manière de faire.

En plus drastique:  l'être qui
déraille, qui sort du sentier  de
tout le monde, il crève...
ou bien voilà que c'est lui qui
réussit. Sa descendance a
l'avantage de la formule magique.

Mais le hasard seul n'explique pas l'évolution des espèces. Il y a autre chose que l'erreur payante, comme explication de tout ce merveilleux.  Dans l'être, dans l'existant, il y a une sorte de curiosité, un besoin incessant d'essayer, de manipuler, comme chaque enfant qui aborde tout ce qui l'entoure.  Dans ce qui existe, on trouve toujours une sorte d'explosion, un feu d'artifice.  La lumière part en voyage, et invente l'espace à mesure.



 

lundi 11 avril 2011

Félix-Hubert d'Hérelle et Boulgakov

Soyez prévenus:  les microbes mènent à tout.
Ceux qui s'en approchent passent de surprise
en surprise.  Comment vous dire, en quelques
lignes, tout l'étonnement que j'y trouve...

The Variety of Life ne disait pas un mot des
virus, alors j'ai cherché ce qu'en disait
Wikipedia.  J'y ai trouvé matière à une
bande dessinée! Faites vous-mêmes
l'expérience: allez à Wikipedia, à Virus, et
naviguez jusqu'à l'histoire des découvertes
des virus. Vous allez y rencontrer
Félix-Hubert d'Hérelle qui habitait Longueuil
au tournant du siècle (fin des années 1890).

Si vous le suivez, vous ne vous ennuierez pas: Guatemala, Mexique, Argentine, puis l'institut
Pasteur, la guerre mondiale, l'Egypte, l'Inde,
l'Unions soviétique de Staline, puis son
association avec Nicolas Boulgakov, le
frère le l'autre (Le Maître et Marguerite)...

Une passion dérangeante:  celle des virus
mangeurs de bactéries!

dimanche 10 avril 2011

l'immortalité pour quelques années

J'ai donc entrepris la lecture du bouquin en question,
The variety of live, par Colin Tudge... je ne vous le
résumerai pas ici, ni ailleurs. Le livre lui-même est un
condensé très structuré.  Le recensement de tous les
groupes de vivants... Il y a de quoi tomber en bas de
sa chaise.

Faut quand même dire ici quelques mots sur les
microbes, ça me démange d'en parler. Tout ce qu'on
ne voit pas à l'oeil nu  prend beaucoup de place sur
cette planète: la masse des microbes est dix fois plus
importante que celle des vivants qu'on peut voir sans
microscope...

Si mon petit fils attrape la passion de les étudier, il
aura du pain sur la planche: on commence à peine
à faire connaissance avec eux. Semble-t-il qu'il y en
a dix mille fois plus que ce qu'on en connaît.
D'autres disent cent mille fois plus.  Bref, il y en a.

Ils sont partout où on ne se doutait pas.  Là où on
disait: la vie est impossible... ils y sont. Dans les
sources bouillantes, léthales.  Dans les métaux,
dans les pierres... les monuments immortels sont rongés de l'intérieur. À consommer avant telle date!
 

samedi 9 avril 2011

Aviez-vous un microscope?

Les microbes, on ne les voit pas à l'oeil nu.
Anton van Leeuwenhock a été bien excité
quand il s'est construit un microscope, et
s'est mis à observer les animalcules, comme
il les nommait.

Il vivait du temps de Joann Vermeer,
dans la même petite ville, Delft.
Ils se connaissaient bien: Leeuwenhock a
été exécuteur testamentaire, à la mort de
Vermeer, en 1675. C'était aussi l'époque
de Rembrandt.

Mais ce qui passionnait Leeuwenhock,
durant une bonne cinquantaine d'années,
c'était tout ce qu'il mettait sur sa lentille de
verre, sous son microscope artisanal.

Il va me falloir acheter un microscope pour
mon petit fils. ainsi, je lui donnerai un
univers, un monde.

Einstein a raconté que c'est le cadeau d'une
boussole qui l'a plongé dans les grandes
rêveries: pourquoi l'aiguille se tourne ainsi
vers le nord? Le magnétisme l'a fasciné.
C'était la naissance d'Einstein...

vendredi 8 avril 2011

Je suis ce manque de curiosité

Pas de blâme.  Mon père Charles
ne voulait rien savoir de ma vie.
Simplement, il ne cherchait pas
à savoir comment je vivais, ce que
je pensais: sa curiosité était ailleurs.
Je crois qu'il avait décidé de ne pas
juger, de rester à l'écart, comme
pour respecter ma vie privée.
Ou bien, c'était une façon d'être
lui-même à l'abris, avec ses secrets.

C'était une époque malsaine. Toutes
les familles n'ont pas été contaminées
avec la même intensité, mais c'était
l'époque:  le contrôle des consciences.
Ma mère interceptait les lettres, les
vérifiait. Elle contrôlait le bien et le
mal, pensant que c'était son devoir.
Ainsi, elle a confisqué les livres de
son mari, pour les apporter au
presbytère:  elle avait jugé que
ces livres pouvaient être dangereux.

Nous avons donc réussi à nous protéger, mais au prix d'une fermeture, d'un isolement.  Pas de blâme. Mais il faut réinventer une autre manière de vivre, il faut réinventer une ouverture sans jugement.  À contre courant.